Jacques Dor – interviewé par Sara-Aviva – Sur l’entretien impossible …

Je suis écrit par la vie ; 
je ne fais que recopier.  Jacques Dor

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On devrait se dépouiller de tout, presque tout. Se suffire d’une valise, d’un lit, d’un manteau, d’un dessin d’enfant sur le mur. On devrait s’alléger chaque jour de tous nos poids accumulés : mauvaise mémoire, faux amis, bibelots inutiles, vestiges de vies éculées, d’espoirs anéantis encore si blessants. On devrait revenir à l’essentiel, juste ça, rien que ça. Une table, quelques livres … Faire toute la place à ce qui vient, à ceux qui arriveront, qui arrivent, afin qu’ils ne se sentent cernés d’aucune foule : vieux démons, anciens fantômes, trésors finalement hostiles entassés sur des étagères… Foules si étrangères à ce présent qui s’invente. Il faudrait se dépouiller de tout, ne garder au beau milieu de soi qu’une furieuse envie d’espace, de vrais désirs, de souvenirs à venir, de luminosité, de plumes et de bras ouverts. Jacques Dor

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Lecture de Jacques Dor. Dans le train entre Paris et Meaux, par Sara-Aviva.

Jacques Dor, n’est pas un homme facile. Nous avions prévu de réaliser cet entretien en vidéo. Et, je me suis obstinée à poser des questions par écrit. L’exercice fut âpre au regard de la richesse du verbe et de l’exceptionnelle musicalité de l’homme. Mais Jacques nous enseigne avec netteté ce qu’est le génie, au regard d’une médiocrité sociale qui ostracise les vrais banquiers de la pensée – pour reprendre le mot de Nietzsche – ces plumes rentables en émotions et idées fulgurantes. Pour moi avec Sara Oudin,  André Markowicz, Javques Dor fait partie des grandes plumes poétiques héritières d’un express-oriental qui n’a jamais vraiment existé mais qui est toujours à refaire, à reprendre … éternellement, d’une gare l’autre ! 

 

Cher, Jacques pourrais-tu te présenter quelques mots. Brosser ton œuvre par toi-même.Lors de notre rencontre chez toi tu m’as parlé de ton trajet par rapport au passage de la création d’affiches au théâtre (écriture, mise en scène et jeu de comédien), à la musique, au travail poétique, mais aussi à au métier d’éditeur. Ce sont autant de facettes qui font de toi un personnage complexe, construit de manière plurielle. Penses-tu qu’au-delà des contextes où les gens pouraient te catégoriser li soit possible de définir une approche globale de l’art, holistique marquant ton propre style ?

Je change d’outils, ou passe d’un outil à l’autre : écrire, peindre, capter des images, être sur scène, pour moi c’est la même chose, ce n’est que le moyen de s’exprimer, le contexte qui varie ; à mes yeux je reste dans le même désir de création. Je n’ai jamais été dans l’idée d’être précisément à une place. Certes cela m’a nuit, me nuit encore, les gens aiment bien vous reconnaitre, savoir vous retrouver à un seul endroit, le même endroit. À un moment j’ai vécu dans une chambre de bonne, avec ma compagne, enfant et chiens… Je ne peignais donc pas des œuvres monumentales, je m’étais mis à faire des dessins à l’encre de chine, d’un format qui s’adaptait au format de ce non-atelier… J’ai toujours pratiqué ainsi et l’écriture forcément a toujours été pour moi, ce que je pouvais produire quelque soit mes conditions de vie. Depuis 2015, j’ai perdu mon statut d’intermittent, j’ai perdu la possibilité d’avoir ce temps précieux pour créer et mettre en œuvre des projets ; mon dernier spectacle, théâtre et vidéo, remonte à 2014 (Anges, chaos et autres féeries)… En ce moment, je travaille, à horaire fixe, à un travail alimentaire, je ne suis donc “plus un artiste à part entière” mais je peux toujours écrire… Dans le métro, trajet du matin et du soir, j’écris de petits textes que je laisse dériver sur les réseaux… Je peux encore faire ça, en attendant des jours meilleurs… Redevenir un artiste à temps complet (sourires).

D’après-toi est-ce que tu entretiens à la manière de ce qui est écrit et vécu dans le judaïsme un certain rapport à l’errance et au guide intérieur, portant vers l’Altérité ?

Je vois le sacré dans les êtres, dans le vivant, je ne crois pas à l’idée, au concept de guide, être guidé ? Je n’imagine pas en avoir besoin. Je suis un dériveur d’instinct, je fais confiance au hasard… Parfois il est question d’un guide qui aurait penser les principes de la vie, il y a deux mille ans ou plus : comment est-ce possible ? Des guides, dans la vraie vie, il n’en manque pas : les rencontres, l’inspiration, la culture, le désir…

La mémoire, (le culte de la mémoire, le devoir de mémoire) est à mes yeux une pierre précieuse … et un poison ultra-violent. Sans cesse, il me semble aussi important de se souvenir que d’oublier. 
Mais oui, la reconnaissance de l’autre, de ses différences est fondamentale ; les planètes les plus lointaines et les plus mystérieuses à explorer, à comprendre et à aimer, ne sont-elles pas, encore aujourd’hui, les êtres humains eux-mêmes ?

Tu es beaucoup lu sur Facebook, penses-tu que les réseaux sociaux puissent être une nouvelle forme de poétisation de monde, à savoir par exemple Instagram qui, au sens de Debord et de Baudriard reflète notre aliénation aux images mais en même temps, sur ces divers réseaux sociaux n’est’il pas possible selon toi qu’il émerge une nouvelle « poétisation du monde » ?

Non ! À mes yeux, les réseaux signent bien une forme (invasive et définitive) de renoncement profond au monde réel, donc à toutes formes de poésie. Le projet des réseaux sociaux, comme chacun sait, n’est pas un projet social, de communication, de mise en lien, de culture, d’émergence d’une plus grande visibilité des minorités. Non, les réseaux ne sont qu’une forme technologique de capitalisme sauvage enrobé dans ce mot “social” : réseaux cyniques, empiriques et qui s’appuient sur chacun d’entre nous, exploitant au passage les données et l’intimité de chacun, pour enrichir de grands groupes, une poignée de dirigeants et d’actionnaires voraces. On est loin de la poésie ! Les réseaux dits sociaux sont des armes de destruction massive du lien entre les êtres humains. Mais c’est ludique, nous disparaissons à nous-mêmes au milieu d’un jeu… Dans les faits, les réseaux accroissent les solitudes et solidifient les dépressions et le renoncement à soi. Ne l’oublions pas : on publie sur des “murs”, et ce sont des murs plus proches des vrais murs que des murs virtuels. Les réseaux emmurent plus qu’ils ne libèrent… Moi j’écris et publie sur les réseaux, au fond, par dépit, par pur “désespoir”, faute d’avoir d’autres créneaux à ma disposition, faute d’éditeurs, de scènes … Un jeu de bouteilles à la mer, puisque chaque jour, la marée montante des publications efface celles de la veille… Et comme ça sans fin. Un jeu un peu morbide ou les égos s’y retrouvent… Certes, des personnes sensibles, de belles âmes croisent parfois mon travail, j’en suis très heureux, mais conscient aussi qu’ainsi ventilé sur les réseaux, mon travail ne va nulle part : comme si jour après jour, je m’amusais à rédiger une lettre ouverte au néant ! Ni droits d’auteur, ni réelle visibilité, ni réelle reconnaissance ; je peux voir un de mes textes partagé 18 000 fois, sans que cela ne me fournisse la moindre solution pour pouvoir espérer continuer à faire mon travail d’artiste, d’en avoir, même à minima, les moyens. … Sur les réseaux, les artistes sont à la même place que d’autres contributeurs qui partagent les photos de leurs dernières vacances ou de leur dernière pizza : nous travaillons tous, post après post, (via les flux publicitaires qui s’y rattachent ou les ventes de données) à enrichir les propriétaires de ces mégas plateformes. 
Je ne vois pas comment, par l’entremise des réseaux, on pourrait poétiser le monde, non vraiment non ; je ne vois pas davantage comment, ailleurs que sur les réseaux, on pourrait poétiser le monde … La place de la poésie parait importante aux yeux de ceux qui y sont sensibles et qui la recherche et la trouve. Mais dans l’absolu, cette place dans l’espace public est vraiment infime…
Malgré tout, et en connaissance de cause, … Toute création sur les réseaux restent bonne à prendre, à produire, faute de mieux… Elle en soit un joli et inutile détournement de ces machine à produire du vide sans cesse renouvelé, sans cesse nouveau… Addictif, nous sommes au siècle où nous avons inventé le vide addictif… À ne pas confondre avec le sublime ennui qui nous pousse, lui, à inventer, à combler vraiment le vide… L’ennui majuscule, cette fabrique à artistes… 
Je réfléchis à ouvrir un site qui regroupera l’ensemble de ma production éparpillée, alors je quitterai les réseaux, du moins je n’y serais plus visible que pour clamer haut et fort… que je suis ailleurs !!!!

La poésie est une hygiène mentale pour nombre de nos contemporains, dans ce monde en crise, selon-toi est-ce que la poétique pourrait être une branche du soin, de la médecine, une sorte de thérapeutique appliquée voire prise en charge par la sécurité sociale ?

(Sourires)… En tous les cas, et c’est évident, c’est mon hygiène mentale à moi. Sans la poésie je serais sans doute devenu un dangereux malade… Le travail des poètes m’est indispensable, depuis toujours, cette recherche, cette exigence, cette langue où tout n’est pas dit, pas écrit, ce jeu avec le sens, ce lieu où le sens se donne parfois, d’emblée à ressentir, et non à être analysé, c’est de cela dont j’ai besoin ; j’en éprouve une jouissance, un plaisir vraiment profond… Trois phrases de Char, de Supervielled’Herberto Helder ou de Bobin, valent bien mieux que l’intégralité de nombre de romans, romans d’où l’écriture, souvent, a totalement disparu… Aujourd’hui tout le monde écrit ou presque, mais comme le disait si bien Duras, il n’y a jamais eu aussi peu d’écrivains… J’ai besoin d’entendre la langue à son plus haut, j’ai besoin de ce filtre des grands poètes pour accéder à une dimension, une compréhension autre du monde… Je pense que la poésie est ma drogue dure, j’en consomme et heureusement, j’en produis… L’idéal pour n’être jamais en manque.

Est-ce-ce que tu serais prêt, comme Rimbaud en étant dans une misère noire à vendre toi aussi des armes ? Ou bien la voie artistique et poétique est-‘elle pour toi l’unique voie fréquentable, viable, dit autrement : « digne de l’être humain » ?

Non, (rires) j’ai des enfants, des petits-enfants, je les estime trop pour leur faire ça ! … Pour leur laisser un tel héritage, une telle image de moi : un homme qui serait capable d’ouverture, de bienveillance dans ce qu’il écrit et beaucoup moins quand il s’agit de contribuer à détruire les enfants des autres dans des guerres lointaines… Je laisse Rimbaud à son génie et à son histoire, et comme je ne suis pas encore Rimbaud, j’en suis loin, je ne peux juger de son histoire.

Et puis, je ne suis pas dans une misère noire, la misère noire, c’est ne pas avoir de toît, c’est la rue… Moi, Dieu merci, j’ai un toît, … Je ne suis que dans une misère grise : celle où tu n’es pas dans ta vie, où tu es dans une activité payée au salaire minimum, qui te sert uniquement à payer ton loyer (une vie partagée par beaucoup d’autres personnes)… Mais bon, en pensées je garde toutes latitudes d’aller où je veux, de m’évader…

Écrire est aussi un travail d’éveil, le plaisir de l’éveil, ne pas perdre le contact, faire l’éponge, s’imprégner des êtres et des choses.… Cet état ne me quitte jamais…

Il me permet d’attendre que mes bras repoussent !

Entretien recueilli par Sara-Aviva, aout 2019, Paris.

Bibliographie indicative :

Aux éditions Un soir ailleurs
  • Le Dico de ma langue à moi Tome 1 (2000)
  • Le dormeur du dehors – Intime errance (2003)
  • 30 courts textes qui n’ont l’air de rien (2003)
  • Le Dico de ma langue à moi Tome 2 (2005)
Chez d’autres éditeurs
  • Cette histoire ne s’écrira pas sans nous Cippa – Pathenay, 2002
  • Le nombril de l’Univers (Nouvelles) Edition du Chardon Bleu, 1997

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Dor

Entretien avec Franc Rottier, à propos de Marguerite Duras, Moïse beggue et Jacob boiteux. #Handicaps

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air
Isabele Fran Rottier à Marseille, été 2018. Par Sara-Aviva.

En introduction, je cite ici un texte écrit par Isabelle F. R. Elle écrit : « En fait, il y a longtemps déjà que je songeais à vous sensibiliser au sujet du «  hand in cap » . Vous faire toucher du doigt ces défaillances des corps. A priori c’est bénin, c’est malin. Pas de quoi s’affoler ! Ö ce n’est rien, c’est juste quelque chose qui nous nargue .. juste un défaut d’être. » Le mercredi 21 juin, Isabelle Franc Rottier a fait vibrer les musiques du corps. Car les maladies, les handicaps, les accidents de la vie sont en quelques sortes : des danses de la vulnérabilité qui nous gouvernent, avec leurs nouvelles vies… Ce texte d’Isabelle –  auteure de l’intérieur – a connu une audience nouvelle (800 lectures en 48 heures) ; cette approche durasienne vaut bien le détours…, là est la raison pour laquelle je publie ce texte sincère et au ton juste.  Ainsi le texte est republié mais augementé d’un entretien avec Isabelle. 

 

-Isabelle, peux-tu me parler du rapport que tu entretiens avec Marguerite Duras, comment
tu l’a rencontrée dans ses écrits et quels sont les liens que tu peux voir entre cette
dernière et la vie simple,  « matérielle » ?

Aimer duras c’est être atteinte d’une maladie que l’on sait d’avance être
incurable. Je n’oublierais jamais ces premiers mots. C’est avec L’Amant en
1984 que j’ai découvert Marguerite DURAS – MD. Je suis alors une jeune fille,
en première L, au lycée Camille Sée, et je passe les épreuves de français au
mois de juin. Je lis ces mots. Je reçois un choc. Une gifle. De celle qu’on
n’oublie pas. Jamais ! Je découvre cette sensation étrange de connaitre,
d’être en terrain connu, amical. Tout m’attire. Tout y est, le Viet Nam, la
chaleur, l’amant.. tout  participe de cet amour-là.  Ses mots expriment ce
que je sens, je ressens et que je sais. Elle c’est moi. Moi c’est elle. Au delà de
la différence d’âge, c’est un désir similaire, c’est un plaisir identique. Elle ne
joue pas Duras ! Elle ne fait pas semblant ! Elle est la femme. Elle a remis en
question la suprématie masculine en imposant sa propre syntaxe, en
partageant son intimité vraie ou inventée, peu importe !! Elle est le visage de
toutes les femmes, et toutes les femmes ont son visage…détruit dit-elle !
Cette destruction toutes les femmes la subissent, plus ou moins, avec l’âge.
Elle est celle derrière qui les femmes s’effacent, s’inclinent. Non, parce qu’elle
est belle, elle n’est plus belle, je ne sais pas ce que c’est mais je sais que
c’est là, présent. Il y a la douleur, de ce premier amour perdu; c’est toujours
ainsi un premier amour. Il faut le savoir ! Y être préparé. Elle convoque le
sexe, la douleur et l’amour. Une partie des élèves de la classe avaient
demandé à notre professeur de français, Mme EGROTTI, de présenter ce livre
en œuvre complète à l’oral. Ce fût un refus total de sa part. Quelle déception
! Elle disait que nous nous rendions pas compte de ce que cela impliquait
pour elle. Elle ne pouvait pas. Comment est-ce possible cela?

Encore aujourd’hui, l’éternelle question demeure Duras ou pas Duras ?
M.D. a tout dit.

Nous nous sommes rencontrées sur le thème du handicap, cela me fait penser au premier
nom que tu avais donné à ton blog. Or, selon-toi qu’est-ce qui fait encore résistance dans
la tête des gens en matière de handicaps ?

Encore trop souvent, les personnes en situation de handicap font figures de
monstres, je rappelle volontiers que dans le judaïsme, nombreuses sont les
figures héroïques en situation de handicap …Moise,

L’accueil de celles-ci est essentiel pour construire notre humanité. Cela la
majorité ne l’a pas intégré. Il faut oser dire que la différence se fait
uniquement en fonction du regard de celui qui regarde.

Il y a longtemps déjà que je songeais à sensibiliser les uns et les autres, au
sujet du «  hand in cap » . Leur faire toucher du doigt ces défaillances des
corps. A priori c’est bénin, c’est malin. Pas de quoi s’affoler ! Ö ce n’est rien,
c’est juste quelque chose qui nous nargue .. juste un défaut d’être.

Sincèrement, je suis hyper heureuse – ô j’aime à la folie certains préfixes –
que certaines de mes amies puissent être la source d’inspiration d’un bel
article ! Devenir une muse en quelque sorte. Heureuse de connaître ces
femmes qui sous des attitudes radieuses, gaies et enjouées, se révèlent être
de véritables guerrières. Leur quotidien ressemble à un combat acharné d’un
taureau dans l’arène. Chaque jour qui se lève, elles font preuve de volonté,
de générosité, de courage et d’altruisme, et tout cela malgré ce mal invisible
qui les détruit de l’intérieur. Il est temps de faire les présentations.

Hashimoto, vous connaissez ?

Enchanté

SEP, – Sclérose en plaque – non plus ?

Enchanté

Avec elles, vous apprendrez à ne pas vous fier aux apparences. Sans
distinction, la maladie frappe comme la foudre s’abat, au hasard,
littéralement sur un arbre et le scie en deux. A présent vous voyez l’interieur.
Ces maladies auto-immunes, personne ne les connait, personne ne les voit
pourtant elles sont bien réelles et font souffrir bien des malades.  Je me
rends compte de cela. Ce qui m’attriste c’est que bien peu de monde ose en
parler haut et fort !! Il y a une chape de plomb qi pèse sur ces maladies
méconnues. Il faut pour aborder le sujet avoir acquis une reconnaissance par
ailleurs. Enfin, quand vous faites la connaissance de l’une d’elle, vous ne
pouvez déjà plus les éviter. A la première minute, il est déjà trop tard.

Voulez-vous passer quelques jours avec nous ? Vous verrez que notre
compagnie est des plus attachante. Prise de poids, visage bouffi, doigts
boudinés, sècheresse cutanée, douleurs musculaires, état de fatigue, baisse
de la tension artérielle, symptômes dépressifs ; voici à quoi ressemble le
grand chaos orchestré par HASHIMOTO.

Quant SEP, le tableau n’est guère plus réjouissant. Troubles visuels. Troubles
de la sensibilité. Troubles moteurs.

Et il reste à conclure sur une  note d’espoir. Lequel ?  Quel que soit ce mal
toutes ces femmes nous servent d’exemple. On envie leur bravoure, leur
courage. Certes, elles sont plus fatiguées, oui, elles sont plus vulnérables
mais cela ne les empêche nullement de réaliser ce qui leur est cher. Accepter
ce qui nous différencie de chaque autre. Il s’agissait de  toutes des femmes simples et sans histoires avant que la maladie
ne les déconnectent de l’insouciance.

Nous avons partagé six années ensemble. Et il se fait qu’à présent, nous pouvons tirer le
bilan d’une période de vie ponctuée de beaucoup d’échanges culturels. Toi qui lit
beaucoup, pourrais-tu dire à nos lecteurs ton avis sur la lecture et notamment sur la
transmission de la philosophie, la psychanalyse et la littérature ? Est-ce que pour toi, ces
dernières à la manière d’une « vie poétique » sont aussi une éthique ?

Je pourrais dire « j’aime » mais ce sonnerait faux, j’ai besoin de vous écrire timidement
depuis mon chaos intérieur. En ce qui me concerne, il m’a fallu placer la lecture au centre de ma vie intérieure, spirituelle, culturelle. Je parle bien d’une nécessité. Elle est le pivot qui fait que je me tiens droite. Je suis capable de passer d’un extrême à l’autre, c’est à dire de Marc Lévy à M.D. Seule la lecture a donné une organisation à ce méli-mélo.

-Ta pratique de l’écriture est-elle uniquement thérapthiqyue ou est-ce que ce blog qui est
lu par des milliers de personnes pourrait donner lieu à un témoignage littéraire en matière
de handicaps ?

Un jour, au hasard d’un échange, Olivier STEINER, avait suggéré un titre : « Une vie à ma
hauteur. ». J ‘aime l’idée de s’écrire…prendre la plume pour parler de soi, il faut oser retirer la couverture, oser s’exposer au regard de l’autre, ce serait même un devoir que l’on aurait
envers soi et les futures générations. Trouver le courage de parler de soi, c’est tisser un fil d’Ariane, un pont entre deux regards ; celui d’avant, celui de l’après…Cela n’a rien à voir avec le fait de faire l’éloge de soi, ni d’être impudique, c’est se mettre en position d’humilité, de fragilité, de vulnérabilité et accueillir tous les matins du monde.

-Est-ce que précisément tu recommanderais un livre qui peut faire objet de rampe de « garde fou » au regard de la crise actuelle voire un écrit qui puisse nous guider dans nos
vulnérabilités ?

Il existe l’ensemble des livres de philosophie, et les classiques, bien sûr. Ceci n’est autre qu’un magnifique début. Pour ma part, je trouve tous les enseignements, toutes les réflexionsdans le Pentateuque et les Ketouvim. (On traduit souvent Ketouvim par le terme Autres Écrits en français, le mot כתובים signifiant littéralement « écrits ». On les désigne aussi parl’expression Livres Hagiographes ou simplement Hagiographes.)

 

Entretien avec Arnaud Alessandrin sur la question des minorités.

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Arnaud Alessandrin, photographie extraite de son site : http://arnaud-alessandrin.com/site/

À propos de figures des dites « dictatures » LGBTQI+, on retient par exemple en matière de genre le débat d’il y a deux ans sur l’écriture inclusive, qui est le signe, pour les conservateurs, certainement d’une » dérive-anti-identitaire ». Mais au-delà de cet fait-là, Arnaud Aessandrin qui a beaucoup travaillé sur la discrimination en général et sur la transidentité en particulier sait combien les chiffres en sociologie et santé publique nous montrent à quel point les personnes trans sont mis.e.s au ban de la société, et aussi en matière de santé en général ; puisqu’elles sont exclues. Il convient donc de montrer clairement ce qui relève du fantasme conservateur (supprimer le genre, la différenciation entre les individus par exemple), du réel social (les maladies et suicides) voire de plus en plus la mise en place de lois nouvelles (les avancées législatives depuis environ cinq ans, à présent) Nous allons voir que les minorités trans ne sont pas – comme l’on pourrait le sentir dans certaines représentations sociales encore existantes – des « pourritures », mais des personnes qui désirent vivre

 

– Arnaud Pourrais-tu présenter ton travail de chercheur et te dépeindre en tant qu’homme engagé ?

Bonjour Sara. Tout d’abord merci de m’inviter à répondre à tes questions. Je suis tes travaux depuis longtemps et cet échange me ravit. En ce qui concerne mon « travail de recherche », pour reprendre tes mots, il s’oriente autour de trois grands thèmes : la santé, le genre et les discriminations. Il est vrai que les thématiques comme celles de la santé des personnes LGBTIQ sont à l’entrecroisement de ces thèmes. Pour ne parler que de ce qui m’accompagne en ce moment en termes de projets de recherche, permets-moi d’en citer trois, qui illustrent ce triple souci thématique. Je suis engagé depuis plusieurs années sur des recherches portant sur l’expérience des discriminations à l’échelle locale (la ville, la métropole tout au plus). Avec ma collègue et amie Johanna Dagorn nous avons à cœur de saisir ce qu’elle nomme un « climat urbain », qu’il s’agisse des femmes, des personnes habitant en quartiers (dits) prioritaires de la ville, des séniors ou bien encore des personnes LGBTIQ. A côté de cela je travaille depuis plusieurs années déjà à interpréter simultanément le parcours de genre et les parcours de santé (à travers des caractéristiques de santé comme le poids, l’expérience cancéreuse, l’évènement traumatique –crânien ou le vieillir). Il y a peu des choses aussi conjointement massives et singulières que la santé, aussi systémiques et biographiques, et tenir les deux logiques simultanément est un enjeu passionnant. Enfin, si tu me le permets, j’aimerais évoquer avec toi un tout nouveau projet, d’une durée de trois ans, portant sur les souvenirs laissés par le mariage pour tous. Comme pour toutes les recherches précitées, la méthode est triple : recueillir des expériences singulières, des récits de vie, des parcours, mesurer quantitativement les fait, puis sensiblement les phénomènes. Pour cette enquête je vais fouiller les souvenirs, travailler les émotions, passer au peigne fin leurs sédimentations qui aboutissent tantôt à des cristallisations durables, tantôt à des fourmillements instables. Pour reprendre les termes de mon amie philosophe Brigitte Esteve-Bellebeau, à chaque fois, la question que je me pose est la suivante : à quelles conditions, sous quelles formes, autour de quelles épreuves, est-il possible de faire quelque chose de ce qui est fait de moi ? Notre échange le dira très certainement de lui-même : je ne suis pas psychanalyste, mon travail à moi c’est de relier des expériences personnelles à des mouvements communs, à ce qu’on nomme parfois trop vite « la société ». Pour marcher dans les pas de François Dubet je te dirais que si « la société » est une formule qui sonne aujourd’hui bizarrement, il n’en demeure pas moins que, peu importe ce que l’on nomme société, c’est peut-être le rôle du sociologue de faire vivre cette « fiction nécessaire ».


-Depuis des années je constate que tu « fais l’économie » régulièrement, de la part biographique de tel ou tel trajet trans ou tout du moins centre le curseur plus sur les interactions sociales me semble t’il ;  pourquoi ne pas étudier également des trajectoires individuelles sur le plan  de l’émancipation à travers la singularité autant qu’à travers le groupe social ? 

 

Nous y voilà : la question biographique. Je ne suis pas certain d’en faire l’économie. Ou plutôt je ne suis pas certain d’en faire l’économie aujourd’hui. Permets-moi une parenthèse. Mes premières recherches ont-été bercées par les avancées conceptuelles et thématiques des mouvements queer. Et je dois bien avouer que je me suis considérablement éloigné de ces références. Plusieurs raisons président à cela. Sans établir une liste exhaustive ni faire un hiérarchie dans mes propos, je dirais que je me méfie de plus en plus des perspectives constructivistes qui concluent, un peu trop rapidement à mon sens, que comme les choses sont construites on peut s’en séparer. Les études sur la discrimination montrent l’inverse. Les choses existent d’autant plus qu’elles sont non seulement construites, mais qu’elles le sont bien. A tel point que les individus, à croire en ces choses bien construire, finissent par les faire exister. Je ne sais pas si Dieu existe mais, même s’il s’agit d’une invention, cette dernière est tellement bien ficelée qu’on ne peut pas faire sans. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de personnes qui ne croient pas, je dis que même pour elles la construction qu’est certainement Dieu s’impose. La manif pour tous en est un exemple sinon fameux du moins terrible. Il en va de même pour le genre et le sexe. Si je pense effectivement que ce sont des constructions sociales, comme tout ce qui se nomme d’ailleurs, ce sont aussi des réalités pour un grand nombre de gens. Il en résulte une théorie et des mouvements queer qui sont dans le train de la déconstruction, un train grande vitesse qui plus est, alors qu’une grande partie des individus est restée sur le quai sans même avoir eu le temps de bien observer le passage du train. Il n’y a deux solutions : soit le train ralentit pour laisser plus de passagers monter, mais il est compliqué, ou plutôt injuste, de dire à celles et ceux qui s’émancipent « attendez encore un peu », soit on prend le temps de la pédagogie en s’intéressant à des choses petites, lentes, incertaines, aux sentiments des gens, à leurs craintes, leurs peurs, leurs arrangements ; bref, à l’individu et au biographique.

Je reviens à ta question. Si des travaux d’inspiration queer, comme ceux de Geneviève Rail sur le cancer, ne me semblent pas surplombants théoriquement, d’autres me semblent préférer l’accélération théorique au temps de la pédagogie. Je me situe de plus en plus dans cette seconde famille. Dans son livre « A côté du genre », Geneviève Fraisse propose aussi, en quelque sorte, de ralentir. Non pas pour stagner, mais pour réfléchir à l’instant dans lequel nous nous situons. Il faut ce temps, il est nécessaire. Pour prendre ce temps à visée pédagogique, il faut tendre l’oreille où en l’occurrence le dictaphone, afin de saisir les expériences de genre les plus banales, les plus contradictoires aussi ; pour parler à toutes et tous, et pas simplement aux étudiantes et étudiants inscrit.e.s dans des études de genre et des doctorats sur ces questions. Bref, je souhaite que mère comprenne aussi bien ces questions que mes masterant.e.s. Et pour ça il faut incarner nos propos, les rendre compréhensibles, au plus proche des individus, y compris les non-concernés. Pour répondre nettement à ta question, et pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, je mets donc de plus en plus l’individu au centre de mes préoccupations. Cela me fait me méfier aussi des registres explicatifs de la domination ou des privilèges totaux : les expériences sont singulières et les régimes d’expériences genrées ne sauraient se résumer au couple « domination » / « émancipation ».

– Finalement que penses-tu du développement actuel d’une « clinique-trans-queer », à savoir d’un ciblage psychanalytique, sur le sujet dans sa singularité et son parcours social mais aussi psychique ?

Il me semble qu’il est nécessaire de différencier la pratique psychanalytique, le développement d’études psychanalytiques queers (on a le même mouvement dans une certaine psychiatrie et psychologie) et les textes et théories psychanalytiques. Sur la question trans, force est de constater que les savoirs publiés n’ont pas été du côté de l’amoindrissement des pressions normatives. Bien au contraire. Alors que les textes plus récents, je pense à ThamyAyouch, Lorie Laufer ou au travail doctoral de Fanny Poirier, ouvrent une brèche théorique et clinique bien plus compréhensive, bien mois oppressive. Quant à la pratique psychanalytique individuelle, je n’ai pas d’avis à donner : cela relève du choix personnel. A partir de là, nous savons de quelle sorte de psychanalyse nous parlons, et nous savons aussi laquelle peut faire écho aux propositions juridiques et sociologiques qui mettent au cœur de leurs préoccupations l’individu et non la norme. Je ne dis pas qu’il ne faille pas de norme, ni même qu’un monde sans norme est envisageable, préférable, je dis juste que les normes actuelles sont très restrictives et qu’il faut penser des modalités d’inclusion plus souples…. même si l’inclusion ne semble pas un horizon partagé par tou.te.s, notamment dans les formes identitaires et autonomes, autogérées qui pensent toute norme comme ennemie et toute institution comme une oppression totale. Je suis, du point de vue militant comme sociologique très éloigné de ça (aujourd’hui bien plus qu’avant), quitte à me faire taxer de « mou », de « social traitre ».

-Est-ce que tu penses qu’un jour nous pourrons parler d’une émancipation du sujet trans, à travers la sociologie, la psychanalyse, la politique (de concert)  : sous forme d’empowerment et de représentation politique plus importante, voire juridique puisque nous parlons au même (au moins depuis trois ans) de  « queer-justice » ?

La scène publique française est aussi schizophrène avec les « lobbies » qu’elle l’est avec les « communautés » : ils et elles sont partout mais, surtout, « qu’on n’en dise rien ». Ne nous voilons pas la face, le lobby LGBT, s’il s’agit de parler d’ « entrepreneurs de morale » au sens de Becker, c’est-à-dire de personnes qui, plus ou moins en lien, tendent à imposer de nouvelles pierres à l’édifice de la société, ce lobby-là existe. Comme son contraire, la manif pour tous, existe aussi. Mais ces lobbys ne sont pas si unifiés que cela. En tout cas du côté des communautés LGBTIQ, il semble que les dissensions soient plus nombreuses que du côté de ladite manif pour tous en 2013. Enfin, si le lobby se signe par son pouvoir d’influence, par son financement, par son pouvoir de nuisance, le lobby LGBT est bien plus porté par « l’air du temps » que par sa seule force : doit-on rappeler les inégalités de financements des manifestations pour et contre le mariage en 2013 ? Peut-être devrions nous aussi circonscrire cette discussion à la France, car en Europe les lobbys sont une réalité bien mieux identifiée (je n’ai pas dit une réalité bien mieux combattue).
-Pour terminer, est-ce que tu penses que la discrimination subie par les personnes trans est, au-delà du corps  liée à un problème de langage (dire « Madame » à la place de « Monsieur », mais aussi à la stigmatisation toujours présente des personnes trans qui n’ont pas toujours eu la chance de faire des études d’apprendre les codes sociaux de » l’élite » etc. ?  

 

C’est étrange de voir que, en France tout du moins, rares sont les études qui portent sur les inégalités de CSP et les questions trans. Pourtant, de vraies choses sont à dire à ce sujet. On peut évidemment mettre l’accent sur le cout des parcours de santé s’ils ne sont pas remboursés mais aussi sur le cout des discriminations dans des contextes d’isolement, de désaffiliation. On pourrait aussi rappeler que lors de nombreuses observations in situ dans les protocoles, la question de l’interaction soigant.e.s / soigné.e.s est une question de classe Les travaux d’Emmanuel Beaubatie insistent sur cette intersection des phénomènes mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements en France. La question du niveau d’étude est aussi importante. Pour ma part, toutes les rentrées sont synonymes d’appels des rectorats et lycées sur des questions LGBTIQ. ET je ne dévoile rien si je dis que les résolutions dans les lycées techniques et professionnels sont bien moins franches que dans des lycées de centre-ville à option art-plastique. Ne me faisons pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne pense pas que « pauvres = violences », mais plutôt que dans des lycées marqués par un type de masculinité très hégémonique, les pas de côté vis-à-vis des normes de genre sont plus durement sanctionnés. Un autre indicateur de cela est, selon moi, l’identification aux termes de la non-binarité ou de la fluidité de genre. Ce sont des termes qui, dans nos enquêtes, se retrouvent plus dans des profils d’étudiant.e.s en SHS ou de lycéen.ne.s de centre-ville que dans d’autres profils, certes plus âgés, mais aussi moins « favorisés » pourrions-nous dire. L’accès au concept et l’éloignement aux normes n’ont pas les mêmes implications selon les mondes sociaux. Mais les espaces numériques et les médias en général sont toutefois bien là, et bien plus qu’auparavant, pour créer et faire perdurer des ponts et des « espaces à soi » malgré les classes (je n’ai pas dit « sans » mais « malgré »).

 

 

Ce jour où l’on sort – dire « A Dieu ».

A propos : cette historiette – qui est une courte nouvelle – parle du mystère de l’être, cet être même qui tue des gens. Cette énigme nous échappe. Ce sont des djihadistes qui tuent des musulmans.Une femme est tuée. Alors que j’allais au mois de juillet 2019 me faire épiler le visage par mon médecin H. Sarfati à Montreuil : j’écoutais sur la ligne 9 des femmes Algériennes parler en Arabe. J’essayais de comprendre quelques mots. Écoutant, avec mon téléphone, Sapho justement. Et, les regardant, je pensais à tous ces montres musulmans qui tuent des musulmanes : leurs sœurs et des musulmans, : leurs frères. Ce sont là les ruines d’une civilisation perdue, l’humanisme, le savoir scientifique hérité d’Aristote, le Saint Coran perçu par des sages oublié au profit des armes à feu. Le vieux monde oriental devenu frustré par sa chute. La guerre des excités par la haine contre la liberté et le bonheur est incarnée par la violence contre la culture. Tout manichéisme est un fascisme.

Elle vient de partir de chez elle. J’ai connu sa famille. Nous étions dans le même village. Comme presque tours les jours à sept heures trente. La cuisine reste mal rangée. Après quelques mots forts hier soir. Un croissant, un éclat de rire. Son mari Adel, lui dit qu’elle est belle. Sarah est heureuse, car ils viennent de se retrouver. L’amour, la nuit apaise souvent les esprits courroucés. Mais dans une heure elle va mourir
Elle n’a pas choisi son destin. Elle se souvient. De l’oncle Ben. Des nuits passées à Tipaza. De la mer. Surtout de son fils : le petit garçon Ethiam. Il suffisait de presque rien. Juste là, au mauvais moment ; elle n’aurait pas du être présente aussi tôt. Sur les lieux, le réel est déchiré..Puisqu’il fallait prendre le train. Aller en ville. Partir. Départ … Encore, comme chaque jours mais cette fois-ci, il s’agit du grand saut. Et la ville pleure ses enfants. Alors que le pays chante sa patrie. A Dieu ! Nous sommes tous dans le noir. Sur un tableau sans couleurs, nous écrivons. Si tu n’existes pas, cher mystère de la Nature … au moins fait le savoir. A Dieu, notre religion est le doute, mais même de cela nous en doutons. Je n’ai plus de questions face à cette perte de raison. Mes yeux sont plongés dans l’abîme, en pleurs.Mon cœur est égaré, sans maison. Sarah attend une fille. Elle aimerait donner naissance à une princesse.
Elle jure qu’elle n’en aura pas plus. Les loyers sont chers et la place réduite.Avant de partir elle est joyeuse.Son époux touche son ventre, les yeux qui brillent.Pourquoi juste à cet arrêt de bus, alors que cette semaine elle devait prendre la voiture? Elle devait aller au concert, quelques heures plus tard, après le travail. Mais la place du marché est vide. Le ciel bleu et le soleil blanc. Comme une Algérie transposée sur une veille carte postale.
Pourquoi ce type est si couvert? l fait si chaud à Paris. Est-ce un toxicomane, un vagabond qui porte sa vie ?.Le sang se mélange à la terre. Il n’y a pas de guerre qui soit Sainte. Le monde reste sans voix. Sidéré. A Dieu, face à ces yeux éteints.Nous sommes tous dans le noir, car l’espoir y est souvent au plus profond pour qui sait le voir.
Si tu n’existes plus, alors il faudra revenir à la vérité, celle des gens tués. Au moins fais le savoir, car nous sommes tous étrangers et ne connaissons pas notre destinée.
A Dieu ? Ce n’est pas sérieux , si? Je n’entends plus l’Histoire, seule la tragédie est visible. Cette maladie transmissible qu’est la vie. Nos yeux sont fatigués.Et nos cœurs ont perdu la mémoire. Il est 8 heures 15 et le bus est en retard..Comme à peu de chose près tous les jours, où Sarah ne prends pas sa voiture. Aujourd’hui il est trop tard.L’homme ne montera pas dans la tourl voit des cris courir vers lui, mais sa folie l’a déterminé.
Il croise des yeux qui hurlent de peur. La vie effraie, là où la mort décompose.Pourquoi toutes ces larmes, pourquoi pas lui? Cet homme est ailleurs, déjà loin.
Et ces poussières d’étoiles, à vie …. dans le cœur s’envolent. Sarah tombe au sol. A Dieu
Nous écrivons en noir, une vie aux inconnues.Si tu n’existes plus, Allah, au moins fait le savoir, les hommes attendent tant de toi. Au-revoir Ils se réclament de toi, sans jamais douter ni méditer Dis-leur que ce n’est pas toi. Je suis que nous ne sommes personne. Et que tout le monde dans son âme te prie – même s’il n’y a rien, juste les corps, la cité, la violence et la politique. Dis-moi J’entends Dieu parler de moi Ce n’est pas toi. Non, les hommes sont seuls face à leurs « satanées pulsions » Alors ….
Les réalités de l’esprit ne sont ni dans un lieu, ni dans un espace.
Qui a voulu tout ça, Sarah ?

Poème dédié à Sara-Aviva, par J M M.

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Sara-Aviva, autoportrait, lundi 16 septembre 2019.

De tout temps, on raconte dans ta famille une histoire de gémellité qui accompagnerait ta naissance. Tu as, semble-t-il, toujours communiqué avec une jumelle. Ton regard transperce le réel et voit au-delà. Il est bienveillant comme s’il écoutait une autre et était sur le point de lui répondre. Il y a cette pointe de complicité qui libère de la solitude et conduit à des fous-rires partagés, à des aventures complices et tendres. Tu aimes te tenir toujours droite et ferme comme si une danseuse allait entrer en scène avec toi pour un pas de deux. Toujours cette simple joie d’être avec une Autre et s’ensauvager avec bonheur à ses côtés. Elle te dicte des tenues excentriques. Le chemisier ouvert, brodé et attirant les jeunes mâles du village et les séduisant avec une assurance étonnante. Comme si une main douce et ferme te guidait depuis toujours. Tu es d’une beauté sublime, longiligne, à la chevelure bouclée, brune et dénouée. Des seins ronds et tendus de désirs fréquents et somptueux. Tu sais écouter des messages d’ailleurs, des secrets entendus par personne. Seule une aïeule a un jour lu sur ton visage tes redoutables pouvoirs : ils te permettent de parler avec une voix que personne n’entend, de guérir les petits, de soutenir le grand âge. Tu veux dans ton ventre farouche sentir à ton tour tressaillir des jumelles et les porter au grand jour de la félicité. Quand enfin la cloche du village sonne, toute la communauté sait que le grand secret est parvenu à maturité. Dans le berceau les deux refusent qu’on les sépare. Tu les fais téter simultanément et tu frissonnes quand elles s’accrochent à ta poitrine toutes les deux. Elles te ressemblent. On dit que la nuit tu portes l’une d’elles dans le lit voisin du tien. Ta sœur jumelle la berce alors et l’apaise. Vous vous unissez pour leur bonheur commun.

J M M – 17 septembre 2019.

 

La pornographie 2.0 : cet accès Divin à la paix-intérieure.

Dans une même journée …

Je suis une princesse
Modeste !
Universelle du bled,
Je suis une Tour
Banc-li.s.euse-en-feux
Médiocre !
Je suis une ivresse
Aux fesses, vives et rondes
Belle jo.y.u.iss.euse !
Je suis tristesses et pleurs
Faisant le lit de mon fleuve
Heureusement nomade !

S.A

Ce texte représente une critique de la société contemporaine, en sa dimension de repli sur-soi. Pornographique ! En effet, la simplicité du langage, la formulation on ne peut plus basique du monde fait que les corps semblent être devenus sans langage. Élément que je percevais dés le début des années 1990.  Paupérisation du sens qui nous revoie en un sens au populisme fasciste des années 30. Or dans cet espace-temps : la vie … – en sa mouvance, son irrégularité ; où est-elle passée ? 

 

Espace-Temps-Vie …

2019. La communication est devenue parfaitement « disruptive ». Ce qui veut dire « folle », coupée, dissociée, sans logique apparente, sans logique d’apprentissage, de méthode préalable. Ce temps est aussi difficile à lire que du Igor Stravinski. Dans ce contexte de crise, l’être humain est mû par la peur. Donc le langage écrit (Messanger, Facebook, ou sms, les commentaires des réseaux sociaux, les opinions réflexes et non réfléchies, toute simplification est bonne pour pouvoir faire tourner la grande machine-capitaliste. Nous sommes devenus des robots sans âmes, aux corps aliénés dépendants de leurs shoots de datas. Le temps est devenu bref ! Enclin à la rapine idéologique, on vole des idées de-ci de là. Mais surtout ce temps contemporain a un avantage, il condense d’une manière inédite – à l’instar d’un « tweet » la complexité de 5000 ans d’histoire de la pensée avec une simplicité tout à fait abyssale. Les 140 signes en sont devenus presque instructifs. L’espace se voit rétréci à la distance entre l’écran et le corps. Le terrier labyrinthique de l’homme est à présent son écran, sa toile, mon miroir instantané. La crise écologique rempli les esprits au point où l’on pourrait presque en oublier de se nourrir. Ne sachant plus comment manger, tant le consumérisme est toxique. Cette dimension simpliste, médiocre et parfois vulgaire de notre époque a du bon. En cela qu’elle peut nous rappeler une chose : vivre le présent. Ici et maintenant reste l’unique secours, la part de l’instinct de conservation. Face aux diverses urgences ; soyons lucides : il est nécessaire de se protéger, physiquement. Or, cet imprimitif a du positif. Ceci nous revoie primitivement d’une manière archaïque à la source intuitive de la vie. L’instinct semble devenu une sorte d’éthique à tenir. Chez chaque être humain, la vie émerge mystérieusement, avant il n’y a rien, après le « flux-filmique » de la conscience se déroule, ensuite et finalement : nous revenons à la source comme si nous repliions ou repartons … nous acheminant dans un tunnel, comme si nous disons au-revoir à ce flux, pour revenir au néant. Originellement. Recouvrant la poussière. Vide … 

Apprendre à apprendre, la chose procède d’un accès aux connaissances pour consister un savoir en progression (celui du garagiste, du professeur, du médecin, de l’artisan etc.) – de nos jours tout repère pas staptio-temporel, historique et géographique est perdu. Nous nageons dans le brouillard et la liquidité d’un monde social, schizophrénique. Exactement dédoublé entre : le corps et l’esprit – à l’inverse d’une démarche de changement de genre et de sexe qui, justement unit l’âme du corps-sexuel. Là où l’hypocrisie bourgeoise nie, par culture, l’unité du corps et de l’esprit, car cette dernière fait prévaloir l’esprit sur le corps. L’inverse est aussi vrai chez les prolétaires, qui font prévaloir le corps sur l’esprit. La classe moyenne, souvent, n’accorde aucun privilège à l’on ou à l’autre, elle reste. Molle. Trivialement parlant, la moyenne ne sait faire qu’une chose : préserver un espace et un temps sans aucune densité. La densité de la misère est aiguë car elle porte à fureter tout azimut pour trouver à manger. Celle de bourgeoise tend à chercher toujours plus d’élévation l’âme. Le temps est long chez les pauvres. Court chez les riches. Va de soi, glisse chez les gens médiocres ; la vulgarité de notre contemporanéité est tissée en un pauvre vêtement, dépourvu de toutes racines comme un train aveugle sans station de départ ni terminus, sans origines ni fondements spatiaux et temporels.

Le pas au-delà : la parole publique …

Depuis des millénaires des peuples cherchent à se nourrir, cherchent un lieu où ils ne seraient pas rejetées, chassés. Ainsi donc le génie des « datas » de notre temps se situe en une compression du message, agrégations communicationnelles, synthèse du fond et de la forme. Immédiatement, cela peut faire bondir. Mais non, car en définitive nous sommes tous des sortes de poèmes du capitalisme, uniques, jetables et magnifiquement vivants, mystiques et éphémères objets de consommation courante. Cet ultra présentéisme est en son climat un effacement du sujet, du moi. L’individu venu des Lumières est donc mort avec le principe d’Humanisme. Peut-être est-‘il devenu un objet-sacré – une marque- Divine ? Comme dans les années 1960 la Citroën DS ou le catch étaient des sortes de Mythologies modernes. Nous sommes devenus des objets à jeter, tour autant que des médiateurs spirituels d’une transmission humaine. Mais que laissons-nous à nos enfants ? Si la voix humaine a disparu, au sein « du désert du réel », cela est aussi lié aux angoisses de perte de l’objet, peurs d’être impuissants, d’être « sans son doudou ». Ne pas oublier ce que disait en substance le maître de Nietzsche : Toute vérité franchit trois étapes ; temporelle, spatiale et biologique. D’abord elle est ridiculisée par sa platitude, sa petitesse spirituelle. Ensuite, elle subit une forte opposition face à nos pulsions, puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence, une vérité pour le sujet. Au reste, face à la vie des nomades, l’on ne peut agir qu’un en insecte fonçant en direction de la lumière …  – qui écrit, décrit, inscrit, cette coupure-avec-soi : notre prostitution !

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Photographie, par Sara-Aviva : « Composition sous forme d’écrans du réel contemporain ».

Entretien biographique avec Jean-Marc Muller président fondateur de l’association Poésie en Liberté.

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Jean-Marc Muller

Nous nous sommes sommes rencontrés sur Facebook. Pour vous Jean-Marc qui avez été dans votre vie : artisan, père de famille, commerçant, enseignant, littérateur, proviseur d’établissement etc. la poésie est une sorte d’enjeu citoyen International. il est question, de fait, de l’association et de la création il y a 20 ans du concours de poésie  cf : https://www.poesie-en-liberte.fr . Si je vous convie pour une entretien ici, c’est parce que le signifiant : « Liberté » me semble nous réunir ! Réunir des êtres, sur des territoires, pourtant en apparence  différents. Mais au fond, au-delà de la liberté il y a comme aurait dit Roland Barthes : « l’érotique, celle de la langue ».  

-Serait-il que vous nous parliez de ce désir d’échanger à travers une certaine « poétisation du monde » propre au métier de pédagogue? Ainsi, pourriez-vous m’expliquer cet élan poétique dont vous êtes à l’origine ?

Je n’avais alors pas loin de dix ans. Ma mère, femme pieuse, me conduisait tous les matins à six heures servir la messe dans un couvent franciscain, petit bijou gothique à l’écart du village. La moitié de l’année il faisait nuit, pour moi toujours d’un noir profond pour que ma mère ne m’y envoie pas seul.

Nous longions le village. Ma petite main serrait celle de maman bien fort. Tous les sens aux aguets : pour moi, chaque aboiement au loin était un loup, chaque bruissement du vent dans les branches, des esprits !

Je connaissais le moindre détail du sentier. Les ombres silencieuses des maisons tassées formaient comme un amas étrange et plein de frissons.

J’entendais l’eau bondissante de mon ruisselet familier. Je savais que nous n’étions plus très loin. Le sentier n’allait pas tarder à déboucher sur une méchante route mal goudronnée, mais sans trous ni ornières inattendus.

Au croisement, d’immenses sapins sertissaient le calvaire qui, avec son crucifié, achevait de faire trembler mon enfance.

C’est pourtant là qu’arrivait la délivrance. Maman se penchait et d’une voix douce m’indiquait au loin la petite chapelle : «Tu vois la lumière là-bas ? Va, cours maintenant ! »

Et depuis je n’ai plus  cessé de courir vers la lumière !

Jean-Marc, dans le cadre de l’association tu agis de manière politique et citoyenne, penses-tu que la poésie peut sauver le Monde comme dirait notre collègue-de-lettres Jean-Pierre Siméon ?

La poésie va plus loin encore.

La poésie se distingue peu, par la forme, de la prose. La poésie a conquis de nouveaux territoires de l’écrit par sa vertu propre. Elle est d’abord une manière d’écrit qui dit l’indicible, traverse les frontières des sujets, des formes, des contenus aussi.

La poésie est rencontre. Fortuite et singulière. Elle est confrontée certes aux lois ordinaires, au « maître extérieur », au langage partagé et compris du grand nombre. C’est le maître d’école qui tente de définir la métrique, les caractères de la poésie, de définir l’indéfinissable. Le maître qui apprend la langue commune.

Mais elle est aussi rencontre singulière entre un auteur, son univers, et l’autre que l’on ne connaît pas. Dans cette rencontre, c’est le « maître intérieur », qui est aussi avertisseur, qui parle, ouvre des chemins de liberté. C’est à cet endroit précis où la liberté s’exerce que la rencontre s’offre des surprises, libère les champs du possible.

Le texte s’en va circuler de lui-même par le vaste monde, parler un langage propre à chaque oreille attentive. Les horizons se heurtent, se complètent, se découvrent. Poésie est avant tout liberté, comme tout geste de tout artiste. Elle est sous le marteau du maçon des cathédrales ou du sculpteur, dans le pinceau muet du peintre, dans la musique des instruments, dans la vocalise du baryton.

Elle porte un « je ne sais quoi » qui me convainc à la seconde que c’est elle, la poésie. En prose ou en vers. Peu importe au fond.

– Pour vous quelle furent les aventures de vie, si singulières (biographiques) qui vous ont mené à vous ouvrir à la diversité, aux jeunes et à l’enseignement ? 

Est-ce une sorte de mission Éthique ? (en partance)

Tu n’as pas choisi une gare ou un aéroport. Mais tu es en partance. Tu veux quitter ton monde aride et triste.

Tu te joins au flot immense des humains qui s’assied au bord de l’océan, sur l’immensité sableuse.

Tu es installée sur ta rudimentaire chaise, avec ta modeste valise, juste avec une robe pauvre et ta seule richesse : la vie.

Tu regardes l’horizon vaporeux qui ne laisse rien deviner de l’ailleurs, du monde qui se trouve de l’autre côté.

Tu sens à ce moment ta fragilité essentielle, ta vie exposée, l’incertitude du futur, la faiblesse qui te fait cortège depuis l’origine du monde jusqu’à la fin des temps.

Sur l’immense plage, tu es perdue dans ta solitude, livrée à l’incertitude, dépouillée de toutes les défenses ordinaires des nations ordinaires.

Il n’y a plus de société organisée, de loi respectée, de règles certaines, de familles unies, de solidarité de clan.

Le cauchemar a débuté : on n’en connaît pas la fin.

Ta valise est une trace de toi-même. D’autres l’ont perdue. Ils s’en souviennent. Des regards te suivent, te parlent en langues étrangères et avec des sourires familiers. Le voile de brume un jour se déchirera.

Des routes apparaîtront. Des villes grouilleront. Des mains se tendront. Tu pourras en saisir en marchant et trouver ta propre voie.

Il est toujours des âmes bienveillantes qui jurent fidélité et soutien et qui s’engagent.

Elles n’ont aucun autre intérêt à défendre que de conserver leur propre humanité.

Enjeu essentiel, combat décisif qui préservera leur propre voyage sur cette terre.

La loi première, la loi sacrée est d’accueillir sans poser de questions, de préparer une place à la table commune et de laisser un endroit où reposer les têtes fatiguées, blottir les petits, les plus fragiles.

Comme l’on traite l’inconnu qui supplie, l’on sera un jour traité soi-même.

Sans condition, sans exigence préalable. Sans loi autre que celle de la réciprocité de l’hospitalité.

L’hôte est à la fois celui qui accueille et celui qui est accueilli.

– Jean- Marc, quels sont les enjeux institutionnels de l’association ? Pensez-vous qu’il faudrait également intervenir de manière plus directement thérapeutique, à l’instar d’ateliers d’écriture en milieux hospitaliers ou judiciaires ?-Enfin, pensez-vous que nous soyons plus seuls que dans un collectif de gens qui écrivent,  milite pour l’Humanisme ? Que penser du concept « d’universel-singulier » (les mots comme partage universel  et comme pansement de l’âme pour tout enfant, adolescent, adulte, et veille personne ..) mot (et lot) de Jean-Paul Sartre, la seule liberté réelle que nous n’ayons jamais eu (…) ne relève t’elle pas du langage et de sa poétisation ? (l’enracinement)

Dans un monde globalisé, l’enracinement des sociétés et des cultures se construit à frais nouveaux. Il puise dans les trésors du passé et élabore ses pressentiments pour l’avenir. Chacun tient son rôle dans la transmission des langues et des cultures. La jeunesse en est l’élément pivot : à l’étude auprès de ses maîtres et en promesse du monde de demain.

Dans ce mouvement historique, le choix posé modestement ici est de rabattre la création poétique dans la culture littéraire commune, largement dominée par le roman. La poésie peut sortir de son cadre souvent confidentiel et reconquérir la faveur du grand public.

Elle exercera ainsi sa force prophétique d’antan et saura à nouveau inspirer la création artistique. Sa souplesse et sa facilité d’adaptation, par son format, aux nouveaux systèmes de publication, d’édition et de diffusion lui promettent une indiscutable jeunesse. Ces perspectives se vérifient par la vitalité de la poésie sur internet.

Le concours international « Poésie en liberté » tient chaque année sa place dans ce large mouvement avec ses cinq mille poèmes de quatre-vingt pays différents. Il est ouvert aux jeunes de 15 à 25 ans : il rassemble en une grande compétition les amoureux de la langue française et donne l’occasion d’une belle rencontre à Paris entre tous ces talents. En y rencontrant des écrivains reconnus, une toile de passion se tisse d’année en année formant une source abondante où chacun peut trouver de nouvelles ressources.

Propos recueillis par Sara-Aviva.

 

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Jean-Marc Muller